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Jeudi 3 Décembre.

La belle équipe...

A l' heure où le soleil roule sur les lignes électriques du village de Simal, les charrettes de la batirun se fondent dans le flot de la population. C' était la reprise des activités aujourd' hui après l’effervescence de ces quelques jours de Magal* Touba. Aux carrefours des ruelles, on pouvait ainsi croiser les motos taxi qui forçaient leur passage avec des trajectoires en zig zag imposées par le sable mou, les dames qui cheminaient vers les points d' eau pour le linge ou la cuisine, les enfants bien sûr, en grand nombre qui rejoignaient leur école et les charrettes, les fameuses charrettes. Cette semaine un convoi particulier les exposent davantage encore aux regards de la population Simaloise. En effet, le cortège qui chaque matin, rejoint le chantier de l' école des touts petits, est un spectacle exceptionnel pour l' homme de la rue. A leur passage ce ne sont plus les « touuubaaaabs » criés par les enfants comme une traînée dans le vent qui sonnent la charge. Ce sont les prénoms des batirunners qui sont lancés par les petites jambes lancées à la remorque des plateaux de bois. Tirés par les crinières des chevaux sans cesse motivés par leur « driver » , les équipages se ruent vers cette école où les attend leur labeur et bientôt leur grande fierté.
L' astre jaune se décolle rapidement du fil sur lequel il semblait posé pour monter dans le ciel laiteux qui recouvre les centaines de cases de bois et de paille. Cette impression de voir rouler ce gros ballon jaune sur un fil de fer est comme un numéro de cirque que l'on voudrait voir durer. Seulement il y a la musique, celle du chantier. C' est la voix d' Evelyne qui donne le signal...

Un top départ qui, ce matin n'a pas eut d'effet immédiat, la troupe étant  en arrêt devant la salle de classe dont les huisseries, portes et fenêtres avaient été posées la veille par les ouvriers sénégalais. La déception de ne pas avoir participé à cette étape a vite été remplacée par l' atelier tyrolienne... La tyrolienne, n' est pas ce câble sous lequel on se laisse griser par la vitesse les jambes pendantes mais une petite boîte en fer blanc dans laquelle tournent des ailettes et qui a pour objet de pulvériser sur les murs le crépis qui ornera le bâtiment. Chacune et chacun s' est mis dans la file d' attente et n' attendait que les consignes des professionnels. A la baguette, plutôt à la manivelle « Picasso » de son vrai nom Matthias qui fit quasiment rempart de son corps pour les précieux « tickets de manège »... Une fois sec, l' enduit aura donc été le terrain de jeu de certains pendant que d' autres mettaient en œuvre leur cours de Djembé de la veille. Il fallait en effet tasser le sol de la salle de classe avant que d' y déverser la chape de ciment et c' est tout en rythme que cette épuisante opération fut menée.
Dehors, l' équipe des pelleteurs et des pilotes de brouettes alimentaient la fourniture de ciment. Comme dans le film de Jean Duvivier on aurait presque pu entendre le refrain de la chanson entonnée par Jean Gabin « Quand on se promène au bord de l' eau ». La guingette des bords de Marne est bientôt prête...

Ca va trop vite.

 

* Magal : cérémonie qui concentre les adeptes des Marabouts à Touba, une ville du Nord du pays.

Classement.

Radio Batirun : Emmanuelle Biaut.