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Arrivée au chantier

Pousser ce portail en tolle bouillante et entendre son grincement c' est dèjà la certitude d'entrer dans un sanctuaire.
Ce havre de paix est l' abri du savoir, comme le rappelle le fronton de la bibliothèque. nous sommes les Bienvenus dans l'école de Simal. L' école élémentaire et primaire de ce village allongé au bord du fleuve.
C' est ici que les batirunners de cette sixième édition vont courir pour construire. Tous ceux qui ont eu la chance d' être reçus par les enseignants de cette école et leurs élèves, que ce soit à l' occasion de la Sénégazelle ou de la Batirun, comprendront combien il est légitime que les organisateurs aient choisi ce lieu comme nouveau chantier. Un chantier non pas cette fois pour une mais deux classes.

Deux classes, oui, car une cigogne alsacienne, petite main de la première heure, a remué ciel, terre et relations pour offrir un budget permettant de doubler la production cette année. La discrétion de Sophie en souffrira sans doute mais c' est bien la générosité de petites mains enduites de peinture sur cette jolie toile colorée qui a fini par convaincre des mécennes francais.
Autour de Sophie, une autre Sophie et plein d' enfants dont les mains trempées dans la peinture puis écrasées sur la toile font depuis un an la jolie fresque de la classe batirun 2015 des tous petits.
Au pied du premier mur à Foundiougne puis au pied des suivants Christian, Maryline,François, Wilfrid, Marie Hélène et Tatoune ont tracé le chemin de cette solidarité discrète mais durable. C' est bien cette histoire qui rassemble une fois encore les habitués de la première heure et les nouveaux qui vont être plongés immédiatement dans ce ciment humaniste.
Cet après midi, j'ai poussé une fois de plus ce portail fatigué par la rouille et les embruns du Saloum et j'ai goûté à cet immense bonheur d' y revoir Issa, M' bagnick Faye, deux enseignants investis et bien sûr notre grand ami Mamadou Thiam.
Monsieur Thiam comme tout le monde de la Sénégazelle l' appelle.

 

Didier Gomez

Jour 1 du chantier

Dès potron minet, tous les ouvriers de la batirun se sont retrouvés sur le chantier du Jour 1.

Très vite chacun a trouvé ses marques mais aussi remarqué que le manguier, si hospitalier du centre de la cour, était couché sur le flanc. Infesté d' abeilles, les enseignants et le directeur de l' école ont décidé d' éradiquer la colonie de volatiles menaçantes en mettant le feu cette nuit à leur demeure.

C'est un ancien élève qui a connu cette école en 1963 qui s' est chargé de l ' exécution. Il a pris un vieux pneu de camion qu' il a coupé en lamelles, les a enfoncées dans l' écorce veillie par toutes ces années et y a mis le feu. Ce matin il quittait sa cagoule grillagée pour poser sa petite bouilloire et y déguster son dernier thé sucré sur ces cendres.

La mémoire de cette école se souviendra dès la semaine prochaine qu' une bande de « toubabs » venus de France et de Suisse ont monté les murs de deux nouvelles salles de classe qui remplaceront les deux plus vieux bâtiments de l' entrée qui menacent de s' écrouler.

Monter des murs était la tâche première de l'équipe qui avait hâte de commencer ce matin . Les pelles ont volé, les sceaux plongé dans le puîts, les truelles et taloches se sont arrachés de toutes les mains volontaires et très vite l' enceinte qui ne contenait hier soir encore que de l' air a été fermée... Trop vite peut- être car en effet il a fallu refaire trois de ces murs qui souffraient d' un angle suspect. Mais tout est rentré dans l 'ordre et le chef de chantier alerté par les batirunners dubitatifs a remis son équipe au travail.

Cet après midi les ouvriers vont changer leur tenues du bâtiment pour celles de coureurs et fondre dans la savane depuis Yayeme vers Simal. Fondre, le qualificatif est malheureusement d' actualité vue la chaleur qui nous couvre depuis notre arrivée. Les baliseurs ont d' ailleurs réduit la longueur du parcours qui ne fera que 6 kilomètres 400 au lieu des 10 km prévus à l' origine.

Le peloton glissera donc doucement vers le fleuve depuis ce petit village adorable de la région de Fatick. Ce soir il y aura donc un premier classement car il s' agit bien d' une course...

 

Didier Gomez.

Le mot du Directeur de course

Après une matinée de construction éprouvante sous la chaleur, l'étape du jour a été réduite à 6,4 kilomètres par le Directeur de course afin de préserver le potentiel physique du groupe.
Le départ a été donné à 17h15 soit 20 minutes après les randonneurs et c' est à travers les champs de mil et d' acacias que la première partie du parcours a été tracée. Le peloton s' est très vite étiré car la tête de course est partie sur un rythme très élevé, autour des 16 kms/heure. William PERONNE a vite pris les choses en main suivi de très près par Wilfrid LEGEAR. Derrière ce duo, ce sont 4 concurrents qui se tiennent en une minute.
Les féminines ont tenu la dragée haute aux concurrents masculins : Claire HIRT, Laurence DAHMEN et Barbara MAZOTTI ont réussi à garder le contact visuel avec ce petit groupe de leaders.
Le ravitaillement situé à mi-parcours a permis de rafraîchir les corps et les esprits avant les trois derniers kilomètres sur une piste sablonneuse réfléchissant une chaleur très éprouvante;
A l' approche de l' arrivée le son des djembés a motivé les concurrents qui ont franchi la ligne située juste en bord de fleuve. Cette première étape a tenu toutes ses promesses en faisant découvrir la brousse environnante et une végétation variée et luxuriante.
Demain, l' étape de ROH sera plus "trail" avec un peu de dénivelé et la traversée d' une forêt d' eucalyptus et de bambous. A demain....

Classement - Etape 1 - YAYEME