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Que c' est dur de courir...

C' est dur, sur ce sable mou, sous cette chaleur et tous les jours durant. Le constat était unanime ce matin au campement de Simal. Il l' était aussi pour préciser, s' il en était besoin, que c' était « courir pour construire » cette petite salle de classe pour les petits écoliers du village. La devise commence à habiter les murs qui se sont élevés jusque tard dans la soirée d'hier pour offrir ce matin au chantier le sentiment d' un devoir bien accompli.
Les batirunners ont adoré regarder ce squelette de poutrelles sur le sable, et au matin du deuxième jour se rendre compte que l' enceinte existait déjà. Au programme de cette journée : enduits et pose des tôles de la toiture. Certes il y a du monde sur ce chantier mais, ici on n'a pas l' habitude de voir une naissance aussi rapide.

A l' école primaire, à quelques rues de là, Monsieur Thiam donnait un cours de Géographie à ses élèves de CM 2a.
La voix de cet instituteur investi porte bien plus loin que les murs de sa propre école. En ces temps ou l' éducation et la liberté ont été tellement mises à mal, cela vous transporte et vous rassure. Ici on ne cache pas son inquiétude, en qualité de voisin du Mali. Tout le monde est conscient du danger qui ne tarderait pas de traverser les frontières si la menace des groupes terroristes du Nord du pays, armés par les lybiens, subsistait. Une fois dessinés les contours du Pays, les enfants de Monsieur Thiam ont abordé la façade Atlantique de St Louis au Cap Rosco. Le cours s' intéressait aussi aux fleuves du Sénégal et à ses affluents. L'apprentissage de Monsieur Thiam est peut-être parvenu jusqu'aux oreilles d'Aurélien Batut, un ancien batirunner qui a alimenté encore cette année, sa correspondance avec son hôte de Simal. Leurs élèves respectifs sont désormais en contact direct.

Vers 11 heures les beignets de poisson qui attendaient les enfants ont enfin été pris d'assaut par les petits clients.

Sur le chantier, ce sont les pastèques qui ont été dévorées par l' équipe des constructeurs. Une équipe qui se renforce, chaque jours de quelques unités nouvelles. Les voisins du quartier n' hésitent ainsi pas à venir donner la main, tout comme des enfants des ouvriers du bâtiment. Ce matin, aussi trois femmes du voisinage venues jeter un coup d' oeil et très discrètement demander une démonstration du drone qui équipe désormais l' organisation pour les prises de vues aériennes du site.

Cet après midi, la deuxième étape reliait le campement de Simal à Yayème. Une étape très exigeante sur du sable généreux et chaud. Le genou de François Rifaud tient le coup. Yayème où il est toujours bon d' aller saluer les habitants si chaleureux et accueillants. Ils seront là, sur la dernière ligne droite de l'arrivée pour applaudir les coureurs constructeurs.

Radio Batirun : Phillipe Moreau

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