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A bon port.

Au briefing nocturne, hier, le directeur de course a validé la nouvelle étape de la Sénégazelle avec un bivouac sur l'île de Mbellane. Sans en savoir beaucoup plus, son auditoire a applaudi des deux mains, fier d'initier une nouvelle page de la course. Ce matin la caravane s'est donc mise en route de très bonne heure en charrettes pour rejoindre le départ de ce nouvel itinéraire sportif. C'est au pied de la butte de Thiaré que le départ de ce troisième chrono a donc eu lieu. Après avoir emprunté le « tan » vaste étendue de sable dur à la végétation lointaine et rare, les coureuses ont assez vite abordé un véritable joyaux de nature verdoyante et généreuse. La mangrove de Soum s'offrait en effet à nos yeux incrédules. L'entrée de ce paradis naturel s'est fait dès qu'un baobab de taille réduite, posé sur un monticule de coquillage nous ait invité à un émerveillement sans limite. Là, un homme et son cheval noir se baignaient, leurs reflets sur le miroir de l'eau bleu ornaient cette toile de maître au fond vert luxuriant.

Ce tracé soigneusement dessiné par Benoît, Rassoul et Roland, n' avait pas encore livré toute sa beauté. A peine les débardeurs roses fluo avaient ils libéré l'espace afin qu'il retrouve sa quiétude originelle, que la file de concurrentes prenait le cap vers les mines de sel. La lumière du matin posait délicatement quelques ombres sur le sol multicolore des carrés, qui sont ici davantage des puits circulaires. Les cristaux de sel reflétaient ces projecteurs de cinéma vers les visages des filles, touts aussi éberlués les uns que les autres. En fin de peloton, même celles qui souffraient plus sûrement, semblaient pouvoir oublier la dureté de ces 10 kilomètres d'efforts laborieux pour s'abandonner à loisir à la beauté des ces paysages.

Aux carrefours de ces cibles colorées de rose, de bleu ou d'orange selon l'axe du soleil et le choix de ses filtres, des sacs du précieux minerai, servaient souvent de promontoire aux balises de la course. Les charrettes des travailleurs matinaux s'y croisaient et les nakamou succédaient aux sâlam aleïkoum, nafio et autres alhamdoulillah, formules de politesses qui peuvent durer un certain temps selon la taille de la famille des interlocuteurs !...

La dernière partie du parcours fut ensuite une succession de savane, espaces boisés pour enfin s'échouer sur une plage déserte. Nous étions à Mbellane...

 

 

Le mot wolof du jour : paradis=àjjana

African Queen.

L' African Queen s'est échoué à Mbellane.

 Nonchalamment penché ou droit et fier selon la marée, ce bateau là a débuté une nouvelle vie. Comme certains chevaux de course à qui l'on trouve une retraite douce et méritée. Le navire d'Humphrey Bogart et Katherine Hepburn n'est bien sûr pas le décor du film de John Huston. En revanche il est la figure de proue du campement dans lequel les gazelles sont invitées à passer une douce nuit. Ce campement de petites cases en paille sur pilotis, cachées dans une petite mangrove, est un ravissement, Jean Michel Ferron a prévu d'y organiser ce soir un combat de lutte traditionnelle (sport leader au Sénégal). Le vainqueur recevra un sac de riz de 50 Kg et son dauphin, qui aura mangé la poussière, une somme de 5 000  CFA.

Cet ancien chalutier en bois italien est arrivé au Sénégal en provenance de Marseille il y a quelques années. Son propriétaire, un français, l'avait modifié en voilier deux mats et avait comme projet de traverser l'Atlantique à son bord vers le Brésil. Le Sénégal fut l'ultime escale de ce navigateur qui abandonna son projet suite à une longue maladie. Issa le directeur de ce campement et de quelques autres hôtels dans la région le racheta et ne désespère pas d'y installer quelques cabines pour y proposer un gite original.