| Pirogue de l'urgence. |
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Un filet d'eau régulier coulait paisiblement le long de notre coque. La sonnerie du téléphone portable de notre piroguier retentissait ! C'était pour le dérouter de sa mission « sénégazelle » du jour et l'enjoindre de regagner son île Falya au plus vite. Aïssatou, la tante du jeune homme venait de donner naissance à son deuxième enfant mais l'accouchement ne s'était pas déroulé de la meilleure façon, la maman déclenchant une hémorragie qui nécessitait des soins urgents.   Sur la petite île de pêcheurs et de ramasseurs de coquillages il y a bien un dispensaire mais sans médicaments et pas davantage de médecin. Ici nous disait Mamadou même les évacuations ne sont pas toujours permises, il faut faire le plein du moteur ( 30 000 F Cfa) et ce n'est bien sûr pas tout le monde qui peut en assurer la dépense. Ici, la carte « vitale » porterait bien son nom ! Moteur au ralenti, nous approchons du ponton, la combustion finit par s’étouffer et nous voyons arriver vers notre étrave, encore sur son élan, deux femmes, la grand mère avec le nourrisson enfoui dans son boubou et son amie. Elles nous annoncent une charrette au galop transportant la maman allongée en hâte sur un matelas et la sage femme qui l'avait assistée toute la matinée.
Cette liaison effectuée dans le silence que nous imposait notre désarroi nous parût interminable. Une autre charrette venue à notre rencontre sur la plage libérait notre inquiétude et nous conduisait maintenant à espérer. Deux heures plus tard notre piroguier venait nous annoncer de bonnes nouvelles de la santé de cette jeune maman et de son fils. Le petit garçon dont on dira peut-être plus tard au village qu'il a fait de la pirogue à peine âgé d'une heure, sera baptisé jeudi prochain comme le veut la tradition, ici.  Â
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